The Concorde’s Last Flight

Mathieu Galton, The Concorde's Last Flight, installation composée de six sérigraphies à la poudre métallique sur papier Rives, 70 x 120 cm chacune, 2015

The Concorde’s Last Flight

Le 25 juillet 2000, le Concorde, mythe technologique, s’écrase après son décollage. Comment cette image de catastrophe perdure encore dans toutes les mémoires ? À l’ère numérique des flux d’images, Mathieu Galton s’intéresse à la méthodologie de représentation des images médiatiques ; leur production, leur circulation, leur diffusion ainsi que leur réception. Malgré la difficulté de dépasser la réalité médiatique de l’image, Mathieu Galton affirme une « possibilité d’agir » sur l’image en perturbant son mouvement et sa temporalité via des processus d’appropriation et de manipulation. Élaborée à partir de l’image de l’appareil en feu, son installation The Concorde’s Last Flight est une série de six impressions sur papier qui ont été par la suite froissées, puis numérisées, sérigraphiées, pour ensuite rouiller. Afin de réactiver le sens de l’image Mathieu Galton a façonné ce dispositif simulant le mouvement par la rotation de l’image. À la fois brillantes et abimées comme oxydées, ces images présentent des traces de poudre métallique éparpillée sur le papier. Face à cet insoutenable, et pour ne plus subir l’impact de ces images d’une nouvelles matérialité. Se référant à l’artiste américain Kelley Walker, il questionne à son tour la perte de l’origine par la représentation et porte son intérêt sur « l’infini recyclages des signes et des images, et à leurs modes de consommation (…). Il ne s’agit pas de dénoncer ou de constater la perte de l’origine et de l’expérience réelle, mais de trouver des manières d’agir pertinentes – en tant qu’artiste – avec les images infiniment recyclées qui constituent le seul horizon de notre réalité »1.

1. Anne Pontégnie, Kelley Walker, La possibilité d’agir, Les presses du réel, 2007, p. 67

Marianne Derrien

The Concorde’s Last Flight, installation composée de six sérigraphies sur papier Rives, 70 x 120 cm chacune,  2015