Screaming people
Entre empathie et stupeur, les images de la Beatlemania, dans lesquelles l’artiste puise son inspiration, nous invitent, avec fascination, dans le développement de création de l’image, et de son propre bouleversement. Coincées entre la catastrophe ou l’euphorie, comme le pixel et l’abstraction du pointillisme, les images de Mathieu Galton perdent (contre toute attente) en résolution. C’est à partir de ce constat, que l’image offre une nouvelle lecture, précise l’artiste. Car toute interprétation réside dans le point de vue adopté pour observer, la couleur, appliqué, par couche, qui ne se mélange qu’à l’intérieur de l’œil de celui qui regarde et met ainsi l’accent sur l’implication du spectateur et son rôle dans le processus d’apparition de l’image.
Au sein de ce véritable dispositif de transformation (de l’image et de l’artiste lui-même), se noue l’exercice cathartique de faire corps avec la foule. Entre archive, fantasme, et allégorie, l’artiste joue et rejoue ainsi avec notre imaginaire collectif, en s’acharnant, point par point, à la quête de l’image, et à la confrontation de son propre corps. De quoi ces images de cris sont-elles (les) témoins ? C’est aussi de cette interrogation que les œuvres de Mathieu Galton nous parlent. Car nous n’avons pas affaire à des images d’horreur, mais à des scènes de fascination, qui vire à l’inquiétude. Screaming people comme le symptôme d’une agoraphobie, rejoue l’inquiétude de l’artiste qui réussit à quitter la noirceur du crayon et de l’atelier, pour faire corps avec la foule. Ici, l’action de décortiquer ouvre le regard, et nous invite à en faire l’expérience. L’image ne montre rien, sinon le regard que l’on porte sur elle.
Screaming people 2207, détail n°3, dessin aux feutres sur papier, 30 x 40 cm, 2023










